Des premières lueurs d'un magnifique automne qui s'éternise sur la lande
et qui s'achève dans une nuit parfumée,
je retrace son parcours coloré et sa cueillette picturale
dans un rythme doux qui cherche à m'endormir au coin du feu, l'esprit pacifique ...
... Par delà les dernières rangées de maïs,
au coeur d'un petit matin encore gris de brume,
un soleil éternel rosit le ciel et m'acceuille l'oeil serein
dans un silence oublié.
Déjà se font entendre dans le lointain, les cloches de la petite église romane
saluant de leur retard quotidien le lever du jour.
Une tasse de café brûlante m'attend dans la cuisine et ma joie est profonde
à la vue de jeunes chevreuils.
Chassés sans complaisance par la moissonneuse du champs voisin,
ils restent animés d'une joie d'adolescent malgré l'incident
et
goûtent dans un mélange de nonchalance et de prudence
une tranquillité retrouvée.
L'arrière-saison se poursuit auprès du ruisseau où sous l'ombre d'un chêne aventureux
s'accroche à son écorce
une tranche de vie sereine : nos premiers potimarrons à la subtile saveur de chataigne.
Pleins de vie, attendant d'être patiemment mitonnés à la cocotte-minute,
leurs présences résonnent en ces lieux
et
notre première récolte de cucurbitacées s'écrit désormais en peinture.
Tout doucement, les journées s'accrochent les unes aux autres et le soleil n'est parfois plus.
Arrive l'heure de ces rares ondées
dont l'humidité tiède colore la chevelure fragile de vieilles dame-fougères
d'un bordeaux mousseux
dévoilant sous leur jupe quelques trésors dans l'air saturé d'humus.
Et parfois c'est sous la houppe maigre et desséchée de ces vaillants gardiens de l'airial,
les acacias,
que les cèpes de novembre sur un lit de lichen frais
se savourent en pigment
Et que d'une caresse sur la toile peinte,
je fais mes adieux aux parfums forestiers et à la bienheureuse limace !
Le temps s'écoule dans l'airial
et dans ces après-midis où les siestes sont parfois contagieuses,
il arrive qu'une observatrice
sentant l'herbe et les baisers parfumés sur le front
sorte d'une chaleur confortable procurée par de vieux pulls dans l'armoire de l'atelier.
Puis vient le temps des feuilles mordues par l'automne
dans l'air au goût de feu de cheminée.
Tachetées et resplendissantes, ces vénérables feuillues ne veulent pas encore mourir,
préférant se languir de douceur dans un ciel de décembre.
Moment précieux près de la cabane aux trois chênes
où il est facile d'être hypnotiser par le balancement de cette nature féconde.
Ainsi,
les yeux mi-clos, un souffle d'air sur les joues,
je deviens feuille, je deviens branche ... je suis arbre.
Puis lorsque décline l'automne dans une nuit parfumée,
les grues cendrées profitent de l'obscurité pour rejoindre leur abri humide et sablonneux.
Alors se referme la porte sur une magnifique saison
dont les occupants ont habillé un sapin
d'une décoration scintillante et pleine de souvenirs
et
déjà se franchit le coeur généreux un autre seuil ...
Belles fêtes de fin d'année à tous & toutes,
Je vous embrasse & ne vous oublie pas malgré mes longues absences,
Affectueusement,
Sandrine
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